Pourquoi j’ai décidé de me reconvertir pour devenir photographe professionnelle

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Après presque 10 ans en tant que salariée en entreprise, j’ai décidé de me reconvertir pour devenir photographe professionnelle. Je vous raconte ici tout le cheminement qui m’a amenée à prendre cette décision difficile et quel est mon ressenti maintenant que c’est en cours. Si vous envisagez vous aussi de sauter le pas mais hésitez encore, j’espère que cet article vous donnera quelques clés pour avancer !

reconversion photographe professionnelle

Une voie toute tracée ?

Comme beaucoup de millenials, mon début de carrière a été assez classique et « pré-formaté » – filière générale au lycée, études supérieures à la fac pendant 5 ans. La voie recommandée par tous pour réussir…! A 23 ans, diplôme de langues étrangères appliquées en poche, je n’avais pas de projet précis mais je débute ma recherche d’un emploi, celui qui correspondra à tous les rêves qu’on m’a vendus jusque-là : cadre international, responsabilités, évolution rapide et salaire plus élevé que celui des parents – c’est pour ça qu’on nous a encouragé à faire 5 années d’études, non ? Bien sûr, on est en 2010, la crise des subprimes est passée par là, alors il ne faut pas trop en demander quand même, un CDD longue durée ça serait déjà le top !

Au même moment, je débarque à Pau pour vivre le grand amour. Et là, à peine un mois après mon arrivée, le coup de chance ! Je décroche un CDI dans une entreprise internationale, une PME en plein développement, c’est juste incroyable !

J’avais toujours dit que je ne voulais surtout pas avoir un boulot routinier avec horaires de bureau et vie quotidienne monotone et pourtant, me voilà partie pour 10 années de métro-boulot-dodo dans cette entreprise.

Le déclic de la reconversion

Pendant toutes les années passées en entreprise, je ne me sens pas heureuse. Pourtant j’évolue au fil du temps, l’environnement est stimulant, je ne m’ennuie pas du tout, au contraire, mais quelque chose cloche, je ne me sens pas bien dans mes baskets. Le hic, c’est que je ne sais pas quoi faire d’autre, je n’ai pas de talent particulier, et puis de toute façon, il faut bien bosser ! On a pas tous la chance d’avoir un métier-passion, il faut payer les factures et c’est pour tout le monde pareil, alors je m’accroche et essaye de m’y faire. Au bout de 5 ans, ma vie perso bascule, je perds mon papa à six mois de sa retraite.

J’ai 29 ans, et je me dis déjà que la vie, c’est vraiment ingrat. Se lever tous les matins pour aller travailler pour quelqu’un d’autre, faire des choses au quotidien qui ne nous rendent pas forcément heureux, avec le risque que tout s’arrête juste avant de pouvoir profiter de la vie... Je ne pense pas encore sérieusement à la reconversion, mais je sais déjà que je ne veux pas suivre le même chemin, je veux profiter de la vie dès maintenant.

Il aura fallu 4 ans de plus pour que je prenne ma décision. J’ai de moins en moins envie de me lever le matin, la boule au ventre à l’idée d’aller bosser, un sentiment de frustration constant et l’idée de plus en plus claire que je ne suis vraiment pas à ma place. Ce n’est pas l’entreprise le problème, c’était juste moi qui n’est pas faite pour ce monde-là. A 33 ans, en pleine crise du covid, je prends donc la décision de tenter une reconversion !

La création de mon entreprise

Ma plus grande inquiétude concernant la reconversion, c’était la perte de revenus. Après tout, si j’ai tenu 10 ans dans un boulot qui ne me correspond pas, c’est bien parce qu’il faut gagner sa vie. Si je décide de tout plaquer, je vais peut-être tout perdre, devoir vendre ma maison et me retrouver à la rue…Le passage de « j’aimerai tellement changer mais je n’ose pas » à « ok, c’est parti, je le fais », ça ne se fait pas facilement. L’élément principal pour diminuer la peur, c’est de s’informer, de se renseigner sur  les accompagnements qui existent, et il y en a !

De fil en aiguille, je découvre la micro-entreprise, et réalise que je peux tenter l’expérience en parallèle de mon emploi salarié sans prendre trop de risques puisque, si je ne gagne rien, je ne paye rien à l’état. Alors pourquoi je ne tenterai pas l’entreprenariat ? Oui, mais dans quoi ? Quelle est la chose que j’aime faire depuis des années, que j’aimerai faire au quotidien, et qui, accessoirement, peut être rémunérée ? Eh bien, la photo ! Ca alors, ça ne m’était jamais venu à l’idée que je pourrai en faire mon métier, et là ça sonne comme une évidence. En Janvier 2021, je prends donc la décision de créer ma micro-entreprise et devenir photographe professionnelle. C’est chose faite le 18 mars 2021 !

La fin de mon CDI

A côté de ça, l’envie de quitter mon CDI reste forte, je continue de me renseigner sur les différentes possibilités qui existent pour me permettre de le faire sereinement et j’opte alors pour la rupture conventionnelle qui permet de toucher les allocations chômage, mais elle nécessite l’accord de l’employeur. Je fais la demande en Mai 2021, encouragée par l’avancée de ma micro-entreprise. J’ai beaucoup de chance car mon entreprise accepte rapidement, je signe en août. Le seul hic, c’est que je dois rester jusqu’au 1er juillet 2022 pour assurer la transition. Ca me semble très loin, mais je vois le bon côté des choses : ça me permettra de faire évoluer mon entreprise avant de me retrouver au chômage.

Je profite de cette année de transition pour en apprendre de plus en plus sur l’entreprenariat et pour me former. Je ne vais pas mentir, la peur est là, la peur de me tromper, de perdre tout ce que j’ai construit jusque là, la peur de regretter. Je décide d’utiliser mon CPF pour faire un bilan de compétences afin de me rassurer sur mon choix.  Ca a été une très bonne décision car j’ai pris conscience que de nombreuses personnes passent par-là et s’en sortent très bien et les différents tests réalisés m’ont confortée dans mon ressenti : le salariat en entreprise, ce n’est pas fait pour moi ! J’ai besoin d’indépendance, de liberté, de positivité et de sens, quitte à prendre des risques.

A partir de là, mon inquiétude a vraiment diminué, et c’est avec sérénité que j’ai envisagé la suite de mon parcours.

Quelle sera la suite ?

Nous voilà maintenant à quelques jours de mon lancement à temps plein. Mon impatience est à son comble ! J’ai hâte de démarrer ma nouvelle routine quotidienne à la maison, aménager mon nouveau bureau, commencer à communiquer plus librement sur mon activité. J’ai des tas de projets en tête à développer dans la photo et à côté. Grâce aux allocations chômage, j’ai un peu de temps devant moi pour déterminer si je vais pouvoir vivre de la photo, c’est donc sereinement que je débute cette nouvelle étape de ma vie ! Vous pourrez continuer à suivre cette belle aventure sur mon blog et mon compte Instagram (@marinedelforge).

Vous êtes arrivé.e au bout de ce récit ! Si vous envisagez de vous lancer sans oser sauter le pas, n’hésitez pas à commencer à vous renseigner. Le CEP (Conseil en Evolution Professionnelle) est une première étape qui peut vous aider à vous jeter à l’eau, alors n’hésitez plus !

Vous avez envie de connaître la suite de mon aventure ? Je vous en parle dans un nouvel article, juste ici :

Je suis Marine Delforge, photographe lifestyle à Pau et dans la région paloise (64) pour les couples, familles et futurs parents.

Vous souhaitez en savoir plus sur moi et mon travail  ? Suivez-moi 😉


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2 réflexions sur “Pourquoi j’ai décidé de me reconvertir pour devenir photographe professionnelle”

  1. Merci pour ton article. Pas facile la reconversion. Les doutes, les peurs, l’introspection. Et même si ton entreprise était d’accord pourra rupture conventionnelle, je trouve que 14 mois, c’est quand même abuser ! Je suis dans le même cas, je cherche à me reconvertir, je me pose aussi la question de la photo et de l’art. Par contre, pour moi, la rupture est très compromise… Seule la démission m’est proposée. J’ai entamé un CEP et je suis positif ! La CCI m’accompagne également dans mon projet. Pour moi aussi, le salariat, c’est plus possible.
    En tout cas, à tous ceux que l’idée titille : n’hésitez pas, sautez le pas, prenez la décision. Si la question est là, elle ne s’en ira plus. Et si vous ne faites rien, la seule chose qui la remplacera sera une foule de regret et de la déception (dans 5, 10 ou 20 ans quand vous vous direz trop tard maintenant). La vie est courte et j’ai déjà l’impression d’avoir mis beaucoup trop de temps à le comprendre.

    1. Bonjour François, merci pour ton commentaire ! Effectivement c’est une aventure qui n’est pas simple, mais comme tu le dis, une fois que l’envie est là, il faut sauter le pas pour ne pas regretter ! De mon côté, je suis encore en phase de développement, et aucune envie de revenir en arrière !
      Je te souhaite beaucoup de réussite et surtout, de t’éclater 🙂

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